Inegalites Scolaires Dissertation

Extrait d’entretien : Femme, 39 ans, hôtesse d’accueil, père cadre dans la fonction publique.

« - Et ces études-là, ça vous plaisait ?

C’était sur Paris, et c’était pas forcément évident. Et les conditions de vie sont pas forcément très simples, et les conditions financières, il fallait quand même faire très attention. Je pouvais avoir l’opportunité, à l’époque, de continuer sur une licence sur Paris, dans une Fac au sud de Paris, mais j’ai pas forcément pris la décision de poursuivre. Donc je me suis arrêtée avec mon Bac+2, mon DUT. (…) Quand je vois qu’avec un bac+2, quand même, bac+2, c’est pas rien ! Je me retrouve à faire l’hôtesse d’accueil… quand même, bac+2 pour répondre au téléphone, c’est dingue quand on y pense… Mon père, avec le BEPC, il dirige une équipe ! »

La mobilité sociale descendante. L’épreuve du déclassement, Camille Peugny, 2007.

1. Fac : faculté, composante de l’université.

2. DUT : Diplôme universitaire technologique.

3. BEPC : Brevet d’études du premier cycle, équivalent du Diplôme National du Brevet.

Dans les années 1960, l'école apparaît aux sociologues comme un observatoire important contenu de l'augmentation du niveau de vie de la population. L'idée est qu'il faudrait se servir de l'augmentation de la croissance pour réduire les inégalités sociales. Avant cette décennie, on appliquait à l'école le principe de l'idéal méritocratie, idéal selon lequel la réussite scolaire résultaituniquement du travail scolaire fourni par l'individu. On excluait donc son origine sociale comme étant un facteur de son échec ou de sa réussite, considérant que l'école était une chance pour tous d'accéder à une position sociale plus prestigieuse que celle de ses parents. Or, en 1962 est conduite une enquête à l'Ined qui vise à examiner le lien entre origine sociale et échec (ou réussite) scolaire. Lesrésultats de cette enquête, qui montreront qu'il y a une forte corrélation entre les deux notions, sont à la base de la sociologie scolaire et de l'éducation. En effet, Bourdieu et Boudon, sociologues de référence dans ce domaine, montreront qu'il est faux de penser à l'école de la République comme étant le lieu de toutes les possibilités et changements sociaux. Face à cela, nous porterons notreétude sur la corrélation entre échec scolaire et inégalité sociale à travers la question suivante : En quoi l'école n'est-elle pas le lieu de l'égalité des chances mais plutôt de la reproduction sociale ? Pour répondre à cette question, nous verrons que selon Bourdieu l'école reproduit et légitime les inégalités sociales de départ par le biais de la transmission du capital culturel. Puis, nous verronsque Boudon défend la thèse consistant à dire que les inégalités de réussite scolaire sont plutôt le résultat de stratégies familiales différentes. Enfin, nous verrons comment Lahire met en cause la différence entre ce qu'il appelle la culture orale et la culture écrite pour expliquer en quoi l'école est un lieu de reproduction sociale.

I – L'école comme lieu de légitimation et reproduction desinégalités sociales

Nous allons voir ici comment Bourdieu et Passeron, dans leur ouvrage Les héritiers, ont développé
l'idée que l'école légitimait et reproduisait les inégalités sociales.

A) L'école reproduit les inégalités sociales

Ils commencent tout d'abord par remettre en cause 2 idées pré-conçues. La première étant que les élèves sont doués par nature (comme si on avait desfacilités transmissent génétiquement) et la deuxième que le capital économique est le seul obstacle à la réussite scolaire des jeunes issus de milieux populaires. Pour Bourdieu et Passeron, l'origine de la réussite scolaire ou de l'échec scolaire réside dans le milieu familial, première instance de socialisation primaire. A l'intérieur des familles se transmet selon ces auteurs un héritage culturel.Un individu, lors de sa socialisation, adopte donc l'habitus de sa classe, transmis par sa famille, mais également tout un savoir qui découle de ses habitudes et de ses sorties par exemple. Or, la culture transmise et attendue dans le milieu scolaire est celle de la « culture savante ». Cette culture, c'est celle dont sont dotés les familles issues d'un milieu favorisé. L'école traite certes tousles enfants également, mais en oubliant de prendre en compte les inégalités de départ. De ce fait, si les enfants de milieux favorisés vont se retrouver dans les les attentes scolaires, ce ne sera pas le cas d'un enfant issu d'un milieux beaucoup plus modeste. L'école ainsi va récompenser les élèves de milieux favorisés.

B) Et légitime ces inégalités

Comment l'école légitime t-elle cesinégalités ? Nous avons vu que les chances de réussite scolaire sont fortement rattachées au milieu social de par la transmission d'un habitus et d'un héritage culturel. C'est cette donnée qu'oublie de prendre en compte le système scolaire en faisant comme si, à l'origine, les mêmes chances de réussite. C'est le mythe de l'école de l'égalité des chances. De ce fait, la sanction positive (le...

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